Les épaves du château
(Pas d'autres noms connus)

Novembre 2016




Avant-propos :

- Aucune information ne sera donnée sur la localisation du site.
- Je ne souhaite pas faire d’échange de lieux.
- Ceci n'est pas un site de photographies mais d'explorations.

***

Il y a des villes en Île-de-France qui ont un petit air de Detroit. On se prend alors à arpenter de grands boulevards et de belles avenues en constatant qu'une maison sur deux possède un gros cadenas sur son portail et que des herbes folles envahissent le terrain.

C'est en voulant visiter un de ces nombreux châteaux / manoirs de cette ville que je suis tombé sur cette surprise au fond de la propriété. Mais avant, présentation du lieu !

Ce château date du début du 18ème siècle et il a appartenu à des descendants de proches de Louis XIV. Pendant longtemps, il a été utilisé comme un dépôt pour les agriculteurs travaillant dans la terre agricole de 5 hectares qui l'entoure. Des chèvres étaient également présentes dans la cour d'entrée du château ! On entendait parfois un petit tracteur lorsque l'on tendait l'oreille, et ce, en plein centre ville. Je vous parle de cela il n'y a pas loin de 7 ans, lorsque j'habitais encore dans cette ville d'Île-de-France.

Rien ici, non, rien n'a changé et le vent me reconnaît mais l'enfant au doux visage qui marchait à mes côtés a changé. La terre est bien la même, légère sous mes pieds, c'est vrai, rien ici, non, rien n'a changé, et le temps semble arrêté. Pendant que vous citez du Victor Hugo dans vos pages facebook pour commenter vos photos, je cite du Johnny Hallyday, et c'est ma joie. En effet, je suis la France qui sent l'ail rance, nourrit au vin, au Cochonou, mal rasé, chicots cassés, un peu chauvin mais jamais à genou, qui vient extrader les technocrates et les urbains, véritable bras armé des petites vieilles et des Marcel du PMU. Pas besoin de citer du Hugo pour être Jacobin.

Bon, je divague.

L'histoire me ramène dans ces belles contrées et j'ai donc pu passer devant ce château à plusieurs reprises ces derniers jours et à ma grande surprise, plus de chèvres ni d'agriculteurs ! C'est donc l'idéal pour tenter une visite !

Connaissant bien le lieu, je me gare donc le plus simplement du monde derrière la propriété pour emprunter un petit chemin forestier. Je commence par croiser un chevreuil suivi d'un gros renard, qui semble obèse. Probablement une renarde enceinte, donc. J'aime ça car c'est toujours agréable d'être confronté à la nature mais c'est également le signe qu'il n'y a pas grand monde qui passe par ici.

Ayant un peu la flemme de faire de l'escalade ce jour là, je traverse le parc d'un hôpital perdu dans les bois qui me permet d'accéder plus facilement à l'intérieur de cette propriété. Après un peu de grimpette malgré tout, où je laisse un bout de l'arrière de mon pantalon qui dévoile pour les plus observateurs un magnifique caleçon H&M, me voici arrivé dans ce parc que je connais assez bien puisqu'il permet d'accéder à un autre lieu abandonné que j'ai déjà chroniqué en ces pages.

Belle surprise, il y a des épaves de voitures un peu partout. Alors certes, j'ai pas l'habitude des bagnoles et pour être honnête cela ne m'intéresse pas le moins du monde, mais comme la communauté de commis urbexeurs aime prendre des photos d'épaves en plus d'escaliers, je me dis qu'il doit y avoir un intérêt à cela, donc je vais commencer par prendre quelques clichés de ce qui peut se passer sous mes yeux. J'ai dû poster les photos des épaves sur un forum qui n'a rien à voir avec le schmilblick pour avoir les modèles de véhicules, ne m'en voulez pas si ce n'est pas exact.

 

On commence a priori fort avec une Jaguar, dont on m'avait donné le modèle jadis mais que j'ai complètement oublié. 


On passe ensuite par une Estafette de Renault. Célèbre pour avoir été utilisée comme tourbus dans les années 60 (merci Wikipédia).


Puis, voici une Super Goélette 2 qui a la particularité d'avoir la vitesse au plancher. Ne me demandez pas ce dont il s'agit, je n'en ai pas la moindre idée.


Ensuite, on passe à côté d'une coccinelle de Volkswagen. Je pense que tout le monde connaît, merci Disney.

Nous terminons ensuite par un duo de Simca 1100 qui ravira les chvaliers du Fiel suivie d'une Austin Mini.

Je pense que l'on peut trouver d'autres véhicules en cherchant bien, mais comme ce n'est pas ma came, je joue à l'hérétique et décide de partir, d'un pas de loup, vers le château, qui est la raison principale de ma venue.

Bizarrement, je ne suis pas tellement rassuré. Je traverse un grand potager qui ne semble pas vraiment entretenu. Mais quand même. Je pense que les explorateurs verront tout à fait ce à quoi je fais allusion. Cette incertitude est agaçante mais fait tout le charme. Je continue, très discrètement en tendant bien l'oreille pour être certain de ne pas arriver en pleine moisson chez des Raymond et des Lucien.

Je passe à côté de plusieurs cabanes en ruines qui comprennent des objets agricoles que je ne sais pas identifier. Des choses paraissent récentes et d'autres totalement médiévale.

Petit à petit, la silhouette du château s'affine. L'entrée semble compliquée, tout est solidement fermé et contrairement à beaucoup, j'applique réellement le principe du "je ne rentre que si c'est ouvert". En faisant un peu le tour, je suis surpris par une lampe qui s'éclaire automatiquement mais je dois bien me résoudre à une chose : Il n'est pas possible de rentrer dans ce château.

Je passe très discrètement pas loin du pigeonnier et des communs, et ne suis pas franchement convaincu de son abandon.



Je rebrousse chemin. Brocouille ? Même pas. Rien que cette petite expédition, le fait de croiser des animaux, des carcasses de voitures et de voir un joli château avec un passé historique plutôt de qualité mérite le détour. Cela sera très certainement l'une des dernières visites de l'année. Ce n'est pas la plus folle, certes, mais c'est une manière agréable pour commencer à clore gentiment un chapitre.

***

Retour à la page d’accueil