Le domaine des trois colonnes
(Pas d'autres noms connus)

Février 2016




Avant-propos :

- Aucune information ne sera donnée sur la localisation du site.
- Je ne souhaite pas faire d’échange de lieux.
- Je ne suis pas photographe et ne suis pas équipé pour cela.

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C'est par un magnifique dimanche ensoleillé que je me décide à enfin visiter ce lieu connu et reconnu dans l'exploration. L'accès au site se fait avec une facilité déconcertante. Il est en effet extrêmement facile de se garer et d'entrer dans ce domaine aux proportions extravagantes. Ceci est la principale raison de son état de délabrement très avancé. Pour autant, il en demeure un lieu très intéressant et riche en histoire. Jugez plutôt :

Un premier château été déjà ici au XIVe siècle : une de ses propriétaires n'était autre que la maîtresse de François 1er !
Plusieurs propriétaires se succéderont jusqu'au XVIIIe siècle, à la révolution, et la légende raconte que Le Notre en dessinera les jardins.

Signe que le lieu n'est pas sous les grâces des dieux, des propriétaires au XIXe siècle vont être assassinés dans la ferme qu'ils habitent et on les retrouvera main dans la main, victime d'un crime crapuleux.

C'est au XXe siècle qu'est construit le "Manoir", de style anglo-normand, un rien victorien, construit à l’emplacement du château ancien et disparu. Le domaine va péricliter sérieusement après la seconde guerre mondiale. Nouveau drame, et non des moindre, le propriétaire durant les années 40 est Israélite. Il se suicidera avant que sa femme ne se fasse prendre et vienne mourir dans les camps. Les troupes allemandes occuperont les lieux un moment.

Plusieurs propriétaires vont à nouveau se succéder (dont les Eaux Perrier) mais sans redonner vie à ce lieu maudit.
Début 1980, la mairie de la ville rénovera une partie des communs pour y installer sa mairie.
Promis à la destruction pour réaliser un programme immobilier dans un premier temps, le domaine est toujours debout en 2016. Il comprend une partie des communs non occupés par la mairie, le manoir principal, le "château rose" et la maison du gardien. Il y a divers bonus de qualité dans le parc. Tout est dans un état catastrophique que nous allons voir dès à présent. 



Après avoir sauté un ridicule muret de quelques centimètres j'approche à pas de loups. J'aperçois au loin deux hommes qui semblent labourer la terre. Je me dis que je suis peut être tombé sur des gardiens. Cela m'étonne qu'ils travaillent si tôt le dimanche matin.

J'hésite. Dois-je partir ? Dois-je rester ?

Montjoie ! Saint-Denis ! A Salvaing le plus gorgias !

Je prends donc mon courage à deux mains pour aller voir ces deux messieurs. Chose amusante, ils ont en fait aussi peur que moi !
Ils me disent chercher des munitions qui traînent d'après-eux depuis la seconde guerre mondiale dans tout le parc. Ils me montrent ce qu'ils ont trouvé, ça a l'air impressionnant, effectivement, mais je n'y connais rien. On dirait juste des bouts de cartouchières rouillées.

Rassuré, j'explique que je viens juste prendre des photos. Ils s'en fichent et chacun continu de son côté. Toutefois, ils traînent pas mal devant les communs, je n'irai donc pas vers là bas. Même si ils n'ont pas l'air méchant, je ne sais après-tout rien de leurs réelles intentions.
Visite de la demeure principale, donc, avec une carte postale qui la montre dans une vue un peu plus dégagée.





Qu'elle est belle ! Quel charme dingue et époustouflant ! L'intérieur n'est malheureusement pas aussi beau et grandiose car tout est délabré et entièrement tagué. Certains sont beaux, d'autres scandaleusement infectes.







Faisons juste une petite comparaison pour voir l'étendue des carnages provoqués par les pilleurs :







Très difficile d'imaginer l'utilité des pièces sans les cartes postales anciennes !

Je parcours ainsi tous les étages et constate que chaque chambre avait sa propre salle de bain. On peut encore distinguer quelques belles mosaïques aux murs et les dites salles de bains avaient l'air assez confortables. On trouve aussi quelques jolies cheminées parmi tout ce fatras.













Le sol craque sous mes pieds. Le lieu semble prêt à s'effondrer d'une minute à l'autre. Je suis donc extrêmement prudent et également attentif au moindre bruit, étant seul pour cette exploration.



Un martien semble trouver la situation tout aussi incongrue que moi et doit également avoir le sentiment d'être observé.



Toujours des chambres, des salles de bains, des cheminées...







Destination le rez-de-sol, dans le même état, avec une belle mention pour la cuisine qui reste impressionnante avec son monte plat pour desservir les étages.





Je tente le sous-sol, mais étant seul, ce n'est pas l'idéal. Je fais quelques pièces puis remonte pour rendre visite au parc du domaine, en passant par le cloître dont voici une photo d'archive.





Petit détour par le lac, où j'essaie d'apercevoir les trois colonnes, qui ont données son nom au domaine, mais bizarrement, je ne parviens pas à les identifier. Une carte postale pour combler ce vide intenable sur ce lieu qui s'appelait jadis "le vieux temple" :





En continuant dans le parc, j'arrive enfin au théâtre de verdure, qui est d'ailleurs remarquablement illustré sur Glauque Land. Sur les cartes postales, il porte le nom de "Pergola", ce qui laisse également penser que cela était peut être juste décoratif.







Une petite manivelle qui servait probablement à lever les rideaux de la potentielle scène. Au passage, on peut voir une belle statue, vaincue par le poids des années. (MAJ Oct 2016 : La statue a été enlevée pour être nettoyée et la manivelle servait pour un terrain de tennis, chose que l'on apprend via glauqueland qui a pu avoir plus d'info lors des journées du patrimoine 2016).





Toujours dans le bois, je remarque un détail qui n’apparaît dans aucune exploration jusqu'à présent, à savoir un pigeonnier ! En parfait état ! (MAJ Oct 2016 : Une citerne, visiblement, source glauqueland)





Une échelle sur le côté permet d'avoir une vue plongeante sur le domaine. Je continue ma route pour aller voir la maison du gardien, totalement ravagée.



Direction le "château rose", donc, pour terminer la visite. Malheureusement, son état n'est guère plus satisfaisant.





L'intérieur est du même acabit que le manoir. Tout est défoncé et tagué.







Il y a un souterrain qui mène à l'écurie, dans les communs. Toutefois, étant seul, je ne l’empreinterai pas.

Voici donc cette visite qui s'achève. Le lieu est certes totalement en ruine et il n'en a vraisemblablement plus pour longtemps avant d'être démoli. Toutefois, il se dégage une réelle poésie mélancolique de l'ensemble, et rien que pour cela, il vaut le détour.



Par ailleurs, de réelles recherches ont été entreprises par le webmaster de Glauque Land, une fois de plus, qui permettent de montrer le lieu dans sa plus grand richesse et dans sa grandeur passée.


 

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