Le manoir du Val d'Or
(Pas d'autres noms connus)

Octobre 2016




Avant-propos :

- Aucune information ne sera donnée sur la localisation du site.
- Je ne souhaite pas faire d’échange de lieux.
- Ceci n'est pas un site de photographies mais d'explorations.

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Dernier lieu de notre roadtrip du 28 octobre. Nous avons trouvé ce manoir totalement par hasard, au détour d'une route.

La coïncidence fait que ce compte-rendu est publié le jour d'Halloween et cela colle malheureusement plutôt bien avec son histoire sordide. Toutes les informations que je vais délivrer ici ne le sont nullement dans le but de faire une "journée" Halloween. Véridiques, elles sont d'ailleurs accessibles dans la presse locale, et c'est du lourd. Jugez plutôt.

Cette construction date du début du siècle dernier. Elle est tristement célèbre pour avoir été réquisitionnée durant la seconde guerre mondiale et avoir accueilli en son sein une kommandantur. En effet, l'armée Allemande a sélectionné ce manoir de par sa proximité avec un blockhaus disposé à flanc de colline qui permettait d'avoir une vue meurtrière sur les villes voisines.

Durant cette même période, les caves ont servi de cachots où étaient enfermés les habitants récalcitrants dans le noir quasi complet, avec les traitements humiliants qui vont bien et ce, pendant plusieurs jours si ils ne se soumettaient pas.

Lors du départ des troupes, après une brève période d'abandon, les nouveaux acquéreurs auraient trouvé des inscriptions sataniques sur les murs. Jamais on ne pu prouver la raison d'être de ces dessins. Depuis, le lieu est dit hanté. Au fil du temps, les riverains ont pu apercevoir des lumières certaines nuits et plusieurs résidents au cours des décennies dernières ont témoigné de bruits au travers des murs.

Les derniers habitants en date ont infirmé ces allégations, mais la réputation de ce manoir était déjà faite et est depuis solidement ancrée dans l'histoire de cette petite ville.

Petit à petit laissé à l'abandon à compter de 2012 suite à la mort de son résident, un avocat, il n'était entretenu que par une tierce personne qui habitait dans le parc et qui est décédée fin 2015. Il est ouvert aux quatre vents depuis.

Nous n'avons pu prendre connaissance de son histoire qu'à notre retour lors de nos recherches pour compléter un peu ce compte-rendu.

Nous tentons une première approche par l'avant en voulant escalader la grille et le portail (fermé à clef). Très simple, mais également trop visible, car cette demeure jouxte une départementale ultra fréquentée et les voisins semblent aux aguets.


Nous passerons donc par l'arrière et nous n'en aurons pas du regret. Nous avons dû escalader la dite colline, via un petit escalier de briques rouges recouvert de ronces de plus d'un mètre de hauteur. Plusieurs paliers démontrent que le site devait être très classe à une époque. Mais, avec les ronces très denses et aiguisées, nous avons dû nous y reprendre à plusieurs fois pour au final décider de passer sous les branchages, non sans y laisser quelques cheveux et égratignures au passage.

Cela nous permet d'accéder au dessous du balcon qui ne tient presque plus debout.

 

La cave est ouverte. Un livre posé à l'entrée donne le ton.

De vieux habits sèchent sur des étendoirs. Nous faisons un rapide tour par la cave, à la lumière de nos lampes torches, et traversons les quelques cellules aménagées qui servaient visiblement de débarras au dernier habitant. Peu de choses intéressantes, beaucoup de bric à brac, mais quelques livrets de notes, datant de 1955 pour les plus anciens, retracent les comptes rendus de l'ancien avocat vivant en ce lieu.

Nous montons à l'étage et arrivons dans un couloir desservant 3 pièces et une cuisine. Tout est ultra encombré. On dirait qu'une tornade est passée effectuer une visite avant nous. Un lit est présent contre la porte d'entrée, sans doute pour protéger la maison des intrusions.


Tout est déversé par terre. Beaucoup de journaux informatiques, de disques, de magazines de gauche, un aquarium, des paquets de cigarettes ou encore des peluches. On peine à s'y retrouver.

Dans cette pièce, sur une petite table, un long courrier est posé.
Le contenu de ce mot est très troublant. Visiblement écrit par une personne âgée, probablement le dernier propriétaire du lieu, il décrit à une femme la relation homosexuelle qu'il a eu avec un bon ami de longue date. Beaucoup de sentiments sont merveilleusement bien restitués et le mot est parsemé de phrases vulgaires et crûment sexuelles, tant est si bien qu'on a l'impression de lire une lettre écrite par le fils improbable de Stefan Zweig et Louis Ferdinand Céline.
Croyez-moi, c'est très dérangeant à parcourir car on touche à l'intimité directe d'une personne. Je préfère ne pas persévérer, par une superstitieuse politesse.

Les deux autres pièces, plus sombres, ne possèdent pas grand chose d'intéressant, tout comme la cuisine pleine de trucs pas forcément brillants mais avec de quoi tenir un siège. L'ambiance est particulièrement lourde et pesante.

L'escalier de l'étage ne semble pas tellement solide. Il est parsemé de tâches marrons qui pourraient être du sang, ou plus probablement du café. Il y en aura à plusieurs reprises dans les pièces de l'étage.

Sur la droite, les toilettes ont disparu et ont visiblement rejoint l'étage du dessous.

Les chambres n'ont rien de particulier, un lit était assez beau, ceci dit.




Le grenier pourrait être accessible mais il faudrait jouer avec les quelques meubles présents dans la salle pour accéder à la trappe, ce que nous ne ferons pas.

En haut de l'escalier, un joli effet de style avec un velux permet d'éclairer le couloir en donnant un aspect très mystique et tyrannique au lieu.

Nous partons. Ce manoir n'est pas d'un intérêt très fulgurant et je ne souhaite de toutes façons pas apporter toutes les informations que nous avons pu trouver sur l'ancien propriétaire. Mais nous quittons cette maison avec un arrière goût étrange. Celui d'une visite plutôt rapide, mais dans un lieu lourd par le poids du passé.

Je ne crois pas au paranormal et encore moins aux fantômes mais j'ai parfois l'impression que visiter ce genre de lieu chargé d'histoire ne porte pas forcément bonheur et qu'il faut bien se tenir avec cette grande dame qui a une âme et fait encore les titres des journaux locaux !

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